Promis, nous a dit le Président. Oui mais voila, François Hollande joue sur les mots car nous allons payer plus cher pour les transports (SNCF, autoroutes, métro-bus, taxis), l'électricité, la poste, sans doute aussi pour les documents administratifs, et pleins d'autres choses qui sont décidées par le gouvernement.

A l'ENA, on lui a expliqué la différence entre impôts et autres prélèvements obligatoires, mais à l’ENA on ne considère pas les prix réglementés comme des prélèvements. Résultat, tout ceci se mélange douloureusement dans les porte-monnaie des citoyens lambda qui ne comprennent pas, faute de ne pas être allés à l'ENA. En fait, on nous fait payer une sorte de taxe sur l'ignorance.

Le meilleur des exemples est le cas de la SNCF. Elle ne peut rien faire sans l'accord du gouvernement. En conséquence, l'augmentation qui s'annonce est bel et bien une décision gouvernementale. C'est donc une taxe.

D'abord, parce que nous n'avons pas le choix, comme pour les impôts. Parce que la SNCF reste un monopole pour la quasi-totalité des transports ferroviaires des Français. Certes, le trafic est ouvert à la concurrence dans le cadre des accords européens, mais il y a mille et une manières de décourager la concurrence et nos politiques ne s'en privent pas. Ensuite, parce que la SNCF fait partie du budget de l'État. S'il y a des pertes, qui donc les comble ?

L’État, donc le contribuable. Réduire les pertes c'est alléger les dépenses publiques et avoir besoin de moins d'impôts. Tout se mélange aussi dans le grand porte-monnaie de l'État, comme dans celui des citoyens. Il n'y a pas besoin d'avoir fait l'ENA pour le comprendre.

La justification avancée par la SNCF le financement des investissements et l'amélioration de la sécurité des passagers est d'une évidente et parfaite mauvaise foi. Bien sûr, on ne nous parle pas ou peu des deux postes qui plombent la compagnie nationale, à savoir : le régime des retraites plus que généreux des cheminots, et la masse salariale. Non, ça c'est l'eau qui coule sous les ponts et qu'on ne peut pas toucher sérieusement sous menace de grève. Alors on amuse la galerie en déroulant de superbes projets d'investissements.

Mais comment font les entreprises qui doivent investir ? Elles ne peuvent pas augmenter leurs tarifs, concurrence oblige. Alors elles empruntent. Ce qui les oblige à réfléchir très sérieusement à la rentabilité de leurs projets, faute de quoi elles ne pourront pas rembourser. A la SNCF, en situation de monopole, on ne se pose pas ce genre de question, on augmente les tarifs. Dans le privé, quand une entreprise perd de l'argent année après année, soit elle réduit ses coûts, soit elle meurt. Mais à la SNCF on est sur une autre planète (service public oblige)... On ne peut ni réduire les salaires, ni alléger les effectifs, sans déclencher la ire des syndicats et des grèves à répétitions, et ce sont une nouvelle fois les usagers qui ne l’oublions pas sont aussi des contribuables qui en font les frais et qui les supportent au bon vouloir du gouvernement.

François Hollande sait tout ça, bien sûr. Il sait que les coûts des administrations et des entreprises dans le giron, officiel ou non, de l'État ne sont pas vraiment contrôlés, et qu'il n'a plus les moyens de les financer sans compter et il n'a aucune envie d'essayer d'appliquer des méthodes qui demeurant ont fait leurs preuves dans le secteur privé, pour la simple raison qu'il s’agit du «Service Public, et qu’il ne doit pas succomber à la logique du profit».

Mais le secteur public, tout comme le secteur privé, est fondamentalement une activité économique, ce qui signifie que faire plus et mieux au moindre coût devrait s’appliquer à l’un comme à l’autre. Le problème c'est que tant que nous refuseront de reconnaître le lien entre les impôts que nous payons et les services que nous recevons de l’état, François Hollande, tout comme ses prédécesseurs et ses successeurs, fera ce qu'il faut pour trouver de l'argent dans les poches du contribuable. 

La révolte contre les impôts couve ? Pas de problème, on laisse les prix contrôlés déraper. Le taux d'inflation est nul, et pourrait même devenir négatif parce que les entreprises se voient obligées de baisser les prix, mais les billets de train et tout le reste continuent d'augmenter. L'argumentaire est bien au point.

Que voulez-vous, les pigeons sont faits pour être plumés. Surtout qu'ils n'ont pas de dents.