Le mot « con » est sans doute celui que la plupart des gens prononcent au moins une fois par jour.
Ce mot qui servit longtemps à désigner l’organe sexuel de la femme est tombé en désuétude dans cette acception première.

Il vient du latin cunnus et était déjà utilisé dès le XIIIème siècle.

Ce n’est qu’au début du XIXème que le mot perd son sens érotico-médical pour servir à qualifier une personne stupide.

Con” au féminin fait “conne”. Mais le sens n’est pas tout à fait le même au point que pour stigmatiser la connerie ordinaire chez une femme, on utilise le mot au masculin.
Le Robert, lui-même, écrit : “Elle est vraiment con”. De là à ce qu’elle soit conne, il n’y a qu’un pas mais on change un peu de registre car “conne” ou son dérivé “connasse” ajoute une note sexiste à la bêtise dénoncée par le mot.

On dira néanmoins d’une femme particulièrement stupide que c’est une “grosse conne” ou une “vraie conne”, mais chacun peut se rendre compte que “grosse connasse” a quelque chose de particulièrement dégradant que ne recèle pas l’équivalent masculin de “gros connard”.

 

La famille Con

 

  • Le petit con et le jeune con

Les deux sont forcément jeunes, mais le premier ajoute à son inexpérience imbécile une imbuvable dose de prétention. Pour faire pièce à cet étalon de la connerie en devenir, il y a le vieux con dont on signifie certes l’âge avancé, mais aussi et surtout les opinions dépassées. Cela dit, on peut facilement être déjà un vieux con à 40 ans et encore un petit con à 35 ans. Comme quoi, chacun est con à son rythme.

  • Le sale con

Il existe des étalons fédérateurs de la connerie : le sale con, par exemple. Il est sans âge et se caractérise par une certaine malveillance. C’est souvent un homme de pouvoir qui en abuse alors qu’il est parfaitement incompétent. Il existe une variante : “le méchant con”.

A ce type de con appartenant à la classe dominante, correspond au bas de l’échelle sociale le “pauvre con”. En voilà un qui réussit l’exploit de cumuler le déclassement social avec l’incompétence crasse qui caractérise trop souvent les hommes de pouvoir. Un personnage à éviter.

  • Le gros con

C’est en soi un personnage de la mythologie des temps modernes. On tombe plus facilement dans la catégorie des “gros cons” en raison de la lourdeur de ses opinions ou de l’épaisseur de ses raisonnements qu’en raison de son taux de graisse.

Cela dit, on ne pourrait pas traiter de “gros con” un individu maigre comme un clou. A mérite égal, un con filiforme tombe dans la catégorie des sales cons.

Sales cons et gros cons ont ceci en commun de revendiquer avec une certaine vanité leur insigne connerie. Ils sont souvent fachos ou, au moins, bien à droite. Il existe toutefois autant de gros cons à gauche, mais ils seront plutôt recyclés en “pauvres cons” ou au mieux en “tristes cons”.

  • Le roi des cons

C’est une façon de dire de quelqu’un que c’est un con dans toute sa splendeur, un con qui méritera plus qu’un autre qu’on lui dise un truc du genre Aux Jeux olympiques de la connerie, tu monterais sur le podium.”

On notera que l’on peut brouiller les hiérarchies les mieux établies par la société d’Ancien Régime en disant de quelqu’un, fût-il aussi ‘’le roi des cons’’ qu’il est “le dernier des cons”

  • La bande de cons

Là, on met dans le même sac toute une catégorie de gens dont le comportement nous déplaît : ainsi les supporteurs de foot sont une bande de cons pour ceux qui n’aiment pas ce sport. Le même classement définitif est appliqué aux électeurs de droite par ceux de gauche et inversement. Ce qui fait que l’on peut entendre au lendemain des scrutins, à propos des dirigeants du pays prenant des mesures contestées : ‘’Bien fait pour cette bande de cons qui ont voté pour eux’’. Ce qui est, avouons-le, une attitude assez… con, vu que les décisions gouvernementales s’appliquent à tous.

 

L’inversion des valeurs

 

Si nous cédions à une coupable cuistrerie, nous dirions que le langage populaire use de figures de rhétorique assez subtiles pour exprimer certains sentiments positifs. Quelqu’un dit quelque chose d’intelligent et on s’exclamera : ‘’Ah ! C’est pas con’’. Untel brille par son intelligence et on dira facilement de lui : ‘’Il a oublié d’être con’’, par opposition sans doute à certains qui ont levé deux fois la main le jour où Dieu distribua la connerie aux hommes.

On notera que le mot ‘’con’’ peut aussi prendre tout à coup une connotation aimable voire affectueuse. A un ami qui vient de lancer un trait d’humour fulgurant, on lancera entre deux éclats de rire : ‘’Qu’il est con…’’

 

Déclinaisons

 

Le mot con se décline de diverses manières : il y a le connot (ou conneau) qui renvoie à un personnage tenant du ‘’plouc’’. C’est un ignare qui ne comprend rien.

Son cousin direct est le connard : c’est un con qui revendique hautement sa connerie ; il est souvent seul à ne pas savoir qu’il est con. On peut accentuer le trait en ajoutant un adjectif et on aura le ‘’grand connard’’ qui est pire que le ‘’grand con’’, ou le petit connard qui rajoute, quant à lui, un degré de mesquinerie par rapport au petit con.

Notons que l’on peut aussi renforcer l’appréciation en ajoutant l’adjectif ‘’beau’’ et on aura le ‘’beau con’’ dans le sens de ‘’con définitif’’ qui porte sa connerie comme un trophée et, en plus vulgaire, on aura le ‘’beau connard’’.

 

 

Expressions

 

  • Un truc à la con

L’expression est commode et il suffit de l’ajouter à ce que l’on veut dévaloriser pour délivrer un jugement définitif. On dira ainsi : ‘’c’est une loi à la con’’ ou ’c’est une émission à la con’’ ou encore ‘’c’est un article à la con’’.

 

  • L’autre con

Les cons étant toujours les autres, l’expression s’impose d’elle-même et désigne tous les cons qui passent et que l’on connaît : ‘’Tiens, c’est encore l’autre con qui fait du bruit’’ou ceux qu’on ne connaît pas : ‘’Mais, Germaine, c’est l’autre con qui m’a coupé la route ! ’’

 

Quelques citations

 

  • De Jacob Braude :

« Le pire con, c'est le vieux con. On ne peut rien contre l'expérience. »

  • De Yvan Audouard

« Etre traité de con par un autre con ne prouve pas que vous n'en soyez pas un. »

  • De William Cowper

 « Un con peut à l'occasion avoir raison. Question de chance. »

  • De Frédéric Dard

« Traiter son prochain de con n'est pas un outrage, mais un diagnostic. »

  • de Léo Campion

 « Un con est un imbécile qui n’a de cet organe ni la profondeur, ni la saveur. »

  • De Serge Gainsbourg

 « La queue c’est féminin. Le con masculin. Question de chance. »

  • De Pierre Perret

 « Un jeune con est assurément plus redoutable qu'un vieux : il a tout l'avenir devant lui ! »

  • De Ludovic Roubaudi

 « Dans la vie, ce qui est grave, c’est pas tellement d’être con ! C’est de le rester ! »

  • De Pierre Desproges

 « La caractéristique vestimentaire du con consiste en un besoin irrésistible de s'habiller comme tout le monde. »

  • De Philippe Geluck

 « Avec le temps qui passe ceux qui étaient con le restent et ceux qui ne l’étaient pas le deviennent. »

  • De François Cavanna

 « Etre con est tout à fait supportable tant qu’on l’est suffisamment pour ne pas savoir qu’on l’est. »

  • De Marc Goldstein

 « L'avantage d'avoir des enfants très tôt, c'est d'être informé très tôt qu'on est un vieux con. »

  • De Philippe Geluck

 « La mort, c'est un peu comme une connerie. Le mort, lui, il ne sait pas qu'il est mort. Ce sont les autres qui sont tristes. Le con, c'est pareil. »

 

Oui, je sais ! Vous allez me dire qu’il faut être « un peu con » et n’avoir d’autre à foutre pour écrire ce genre de « connerie », et être « encore plus con » pour la publier. Pas du tout ! Parce que pour l'écrire, il ne faut pas être « les trois quart d’un con », et même « il ne faut pas être con du tout », et pour le publier il suffit simplement d'aimer ce genre "d'humour à la CON".  

 

 

Bonne semaine, joyeux noël et bonnes fêtes de fin d’année.