NON !  c’est aujourd’hui impossible. Tout simplement parce que la procédure budgétaire est très rigoureusement encadrée, et que chaque étape est contrôlée par le comptable de la collectivité, depuis la présentation des orientations budgétaires (OB) à l'automne de l'année précédant le budget jusqu'au vote du compte administratif (CA) en juin de l'année suivante, en passant par le vote à proprement parler du budget (budget primitif ou BP) et ses modifications en décisions modificatives (DM) ou budget supplémentaire (BS). 

Pour le contribuable, la façon la plus simple de se faire une idée sur l’état de santé financier de sa commune est de regarder la "courbe d'extinction de la dette", c'est-à-dire de voir, comment la charge de cette dette évolue d'année en année, l’idéal étant que cette charge diminue sur les dix /quinze prochaines années. Cela signifie que le maire sortant a fait en sorte que, les années suivantes, les marges se reconstituent, permettant ainsi à l'équipe suivante (lui, s'il est réélu !) de pouvoir emprunter à nouveau. 

En matière d’investissements communaux, généralement, un mandat municipal se décompose en trois phases: en début de mandat tout d'abord, on détermine et on calibre les programmes ; puis on passe les marchés de travaux et enfin on inaugure la réalisation des opérations en fin de mandat.

Généralement, les comptes définitifs d'une commune sont connus le 30 juin de l'année qui suit l'année du budget. Ainsi les comptes définitifs de l'année 2013 seront connus le 30 juin 2014, à l'occasion du vote du compte administratif. Donc, pour cette campagne municipale, les derniers comptes définitifs disponibles sont ceux de l'année 2012.
C'est de ce décalage entre les budgets primitifs et les comptes administratifs connus deux ans plus tard que peuvent naître des divergences de chiffres, et donc d'appréciation, entre ceux qui défendent un bilan et ceux qui sont challengers.

Il faut bien comprendre que les emprunts d'aujourd'hui sont la dette de demain, mais également qu’une dette très faible voire égale à zéro signifie en réalité que nous payons aujourd'hui pour des investissements destinés à être utilisés pendant 20, 30, 40 ans ou plus.