Un hors série « Le Monde » à lire, quelles que soient nos opinions politiques.

Jean 
Jaurès
Un prophète
Socialiste

Un siècle. Voilà un siècle que Jaurès est mort. Assassiné le 31 juillet 1914, Jaurès s'est éteint avec le XIXe siècle. Trois jours plus tard, l’Allemagne déclarait la guerre à la France. L’Europe s'embrasait. Le monde basculait. Un autre siècle s'ouvrait.

Homme de l'avant 1914, Jaurès pourrait ne rien avoir à dire aux femmes et aux hommes de 2014. Célébrer le centenaire de sa disparition serait alors, au mieux, un passage obligé, d'un de ces anniversaires qui n'ont de sens que pour eux-mêmes. Il n'en est rien. Car Jaurès est notre contemporain.
On a même envie de dire qu'il l'est plus que jamais. A l’heure où la gauche s'interroge sur son identité, où la République doute d'elle-même, où l'idéal le cède si volontiers au réel, et où les nationalismes menacent la paix du monde, se tourner vers lui va de soi. Si l'homme appartient au monde d'hier, le nôtre aurait tort de se passer de ses réflexions. Comment articuler les progrès de l'égalité et la marche vers les libertés ? Comment penser la fraternité des peuples dans le respect des nations ? Comment défendre  la nécessité de réformer sans abandonner  l'espoir de la révolution ?  
A toutes ces questions qui continuent de se poser aujourd'hui, il a tenté de répondre. Cent ans après sa mort, Jaurès demeure donc une référence. Mais la référence n'impose pas la révérence. Voilà pourquoi il mérite aussi d’être discuté, questionné, critiqué.